mardi 23 décembre 2014

Lionnel Messi, l’as du ballon rond




Lionnel Messi
Au zénith, Messi y est et depuis belle lurette, ce qui fait dire à de nombreux spécialistes qu’il est sans nul doute le meilleur joueur de l’histoire du sport le plus populaire au monde.
Avec quatre ballons d’or, l’Argentin est déjà entré dans l’histoire. Il marquera une fois de plus son époque en parvenant en à remporter un cinquième.

L’enfant prodige a vu le jour le 24 juin 1987 à Santa Fe en Argentine. Son talent précoce séduit très vite les dirigeants catalans qui l’enrôlent. C’est ainsi qu’à l’âge de 13 ans, Messi fait son baluchon pour rejoindre la Catalogne, lieu de sa gloire.
L’histoire de Messi au Barça est un conte de fée. Ses débuts prometteurs en pro en 2004 présageaient d’une carrière d’orée pour celui qui est considéré comme le digne héritier de Diégo Armando Maradona.
La Pulga a permis au Barça qui était en perte de vitesse de retrouver l’élite du football européen au point de faire des Blaugranas l’équipe la plus redoutée du vieux continent.
La Barça a ainsi gagné de nombreux trophées avec notamment trois Ligue des Champions (2005, 2009 et 2011).
Sur le plan individuel, Léo Messi a réussi la prouesse de remporter quatre fois d’affilée le ballon d’or mondial (2009, 2010, 2011 et 2012). Un record !
Le départ de Pep Guardiola, entraineur avec qui, le Barça a tout gagné au Bayern Munich, a ouvert une nouvelle ère moins glorieuse pour les Catalans.
Succédé sur le banc par Tito Villanova puis Tata Martino, le Barça n’est jamais parvenu à rééditer ses exploits antérieurs.
La saison 2013/2014 a été un cuisant échec. Les supporters catalans n’ont pas vu leur équipe remporter un trophée.
Le Barça a perdu la Coupe du Roi face à son éternel ennemi le Réal de Madrid (2-1), a perdu doublement face à l’Atlético de Madrid (défaites lors de l’ultime journée de la Liga au Camp Nou et en quart de finale de la Champion’s League). Ces résultats décevants ont eu raison de Tata Martino qui sera remplacé par Luis Henrique, un produit blaugrana.
Avec l’Albiceleste, la Pulga a réussi à se hisser en finale de la coupe du monde malheureusement perdue face à l’Allemagne.
Malgré cet exploit (l’Argentine n’avait plus atteint ce stade de la compétition depuis 1990), Messi n’a pas répondu aux attentes durant ce rendez-vous planétaire.
Ayant démarré tambour battant la compétition avec à la clé quatre buts au premier tour, Messi est resté muet lors du second tour et n’a pas été décisif.
Il est même passé à côté de sa finale, ce qui explique la grande surprise des uns et des autres lorsque la FIFA l’a désigné meilleur joueur du tournoi.
Les deux records qu’il vient de battre auront à coup sûr leur pesant d’or dans la course au ballon d’or.
En effet, Messi est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la Liga (258 buts) en battant le record de Telmo Zarra (251 buts) et le meilleur buteur de l’histoire de la Champions League avec 74 buts devançant au classement l’emblématique buteur merengue Raul Gonzales Blanco. Ses performances dignes d’un extraterrestre vont certainement impacter sur le vote du ballon d’or 2014.
Au vu de l’ensemble de sa saison, Messi devrait se classer deuxième derrière son rival Cristiano Ronaldo. 

Manuel Neuer sur les traces de Lev Yachine



Manuel Neuer
Du haut de son mètre 93, Neuer pourrait bien être le deuxième gardien de but à inscrire son nom au prestigieux palmarès du ballon d’or mondial. Dernier rempart du Bayern Munich et de la Nationalmannschaft, il est devenu au fil des années l’un des meilleurs à son poste.

A ce jour, un seul gardien de but a réussi cette prouesse. Il s’agit de Lev Yachine, portier de l’Union des Républiques Socialistes et Soviétiques (URSS) qui a remporté le ballon d’or en 1963.
Tapis dans l’ombre des joueurs de champ, les gardiens de but ne sont pratiquement jamais au devant de la scène.
Né le 27 mars 1986 à Gelsenkirchen, Neuer est un pur produit de Schalke 04 où il gravit un à un les échelons jusqu’à devenir le titulaire indiscutable au poste de gardien de but.
Ses performances avec le club de la Ruhr mais aussi avec la Nationalmannschaft séduisent les dirigeants bavarois qui en font une priorité après la retraite d’Oliver Kahn. En juin 2011, la Bavière accueille enfin à bras ouverts la nouvelle pépite allemande qui ne tardera pas à séduire les supporters.
Avec le Bayern Munich, Neuer va franchir un nouveau cap faisant de lui l’un des meilleurs au poste de gardien de but. D’année en année, il gagne de nombreux trophées avec les Munichois. La moisson en 2014 a été belle en club et en sélection puisque le Bayern Munich a réalisé le doublé (coupe et championnat) et la Nationalmannschaft a remporté la coupe du monde après vingt-quatre ans de disette.
Imposant par sa taille, il est un gardien de but qui rassure toute une défense. Neuer est vivace, doté d’un bon réflexe et efficace dans l’exercice des pénaltys. Son excellent jeu de pied lui permet parfois de sortir de ses cages pour soulager toute sa défense tel un libéro.
Malgré toutes ses performances avec des titres à la clé, le colosse allemand a de minces chances de triompher au soir du 12 janvier prochain car loin de minimiser sa participation oh combien importante aux compétitions victorieuses du Bayern Munich et de l’Allemagne, les autres prétendants au ballon d’or que sont Cristiano Ronaldo et Lionnel Messi sont beaucoup plus décisifs. Ces derniers portent à bout de bras leurs formations respectives.
Sans coup de théâtre, la troisième place devrait revenir à Manuel Neuer qui lui-même a souligné, au cours d’un entretien télévisé, sa satisfaction d’être sur le podium. Cela prouve que le portier allemand ne se fait pas d’illusions face aux génies du ballon rond que sont ses deux concurrents.           

mardi 9 décembre 2014

Le Cap-Vert, un pays qui vient de loin



Cristina Duarte lors de la conférence
Cristina Duarte, ce nom ne vous dit peut être rien. Elle est l’actuelle ministre des Finances et du Plan de la République du Cap Vert.
Candidate à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), elle a animé une conférence le vendredi 28 novembre à la salle visioconférence de l’Ucad II.


Le poids de l’histoire
Se trouvant dans l'Océan Atlantique, au large des côtes sénégalaises, le Cap-Vert est un pays au parcours hors du commun.
Classé parmi les pays à revenus intermédiaires en 2008, cet archipel de 4000 km2 pour 500 000 âmes (soit 65 % de jeunes), était jadis sous le joug du Portugal.
Dans un environnement où les conditions climatiques étaient des plus difficiles, la population cap-verdienne a été complètement décimée en 1947 par une famine qui a causé la mort de 30 % de sa population. Tel un phœnix, le Cap-Vert a su renaitre de ses cendres.
Sachant qu’il faut s’inspirer du passé pour vivre le présent et se projeter vers l’avenir, le Cap-Vert, loin d’être abattu et de se résigner à son triste sort, a entamé dès son accession à la souveraineté internationale en 1975, un processus qui allait finalement porter ses fruits quelques décennies plus tard.

Le développement à portée de main
L’heure n’est plus à la lutte contre la pauvreté en Afrique. Les États africains se doivent de jeter les bases d’un développement durable. Ce nouveau paradigme, le Cap-Vert l’a très tôt compris.
Ce pays libéré des griffes coloniales par Amilcar Cabral, leader du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), doit son salut à l’application de trois grandes réformes : politique (multipartisme instauré), économique (secteur privé mis au centre de la dynamique économique avec un vaste programme de privatisation dans les secteurs comme la banque, les télécommunications, le transport maritime et aérien, l’énergie etc) et institutionnelle (programme de réformes des institutions mais aussi des finances publiques).
Dans le cadre d’une démarche transparente et inclusive, l’État cap-verdien a senti la nécessité d’impliquer les populations dans le processus de contrôle de la gestion publique comme l’indique Cristina Duarte « On vient d’approuver une gestion basée sur les résultats et dans ce cadre, on a adopté un système de suivi-évaluation qui nous permet de gérer les biens publics en tenant compte des résultats…Pour la première fois, le budget de 2015 a été présenté au Parlement avec des programmes, des activités, des indicateurs pour permettre à la société cap-verdienne d’évaluer la gouvernance. »
En un temps record, le gouvernement cap-verdien par le biais de prêts avec un taux d’intérêt relativement bas (1,4 % pour une période de grâce de 9 ans), a réussi à donner un autre visage au pays sur le plan infrastructurel.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le Cap-Vert compte aujourd’hui 4 ports maritimes et 7 aéroports internationaux.
Une fois le problème infrastructurel résolu, le gouvernement cap-verdien s’est lancé dans une série de réformes devant aboutir à un climat des affaires favorable, condition sine qua non de l’investissement étranger.

La BAD en ligne de mire
Se prononçant sur sa candidature à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), Cristina Duarte compte sur deux arguments de taille pour faire pencher la balance de son côté.
Primo, selon Cristina Duarte, la crédibilité dont jouit son pays du fait de la bonne gouvernance qui y est érigée en règle, est un argument non négligeable.
Cela a permis au Cap-Vert de faire ses preuves sur le plan économique.
Les indices Mo Ibrahim, Doing Business etc ont montré que le Cap-Vert est un bon élève en la matière.
« Il ne suffit que d’une heure pour créer légalement une entreprise au Cap Vert via une plateforme numérique. », a-t-elle certifié.
L’adoption du Guichet Unique permet aussi aux investisseurs de gagner du temps dans le processus de création d’entreprises.
Secundo, la candidate Cristina Duarte est titulaire de deux Masters aux États-Unis (Busines Administration et International Management) et a travaillé à la City Bank au Kenya et en Angola où elle a occupé le poste de vice-présidente.
Comme tout patriote, elle a décidé de rentrer au pays pour apporter sa pierre à l’édifice.
Forte d’une expérience de 8 ans à la tête du ministère des Finances et du Plan, Cristina Duarte a des arguments à faire valoir et qui pourraient jouer en sa faveur pour la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD).
Soutenant la candidature de celle-ci, Jean Paul Diaz a assisté à la conférence en compagnie du ministre des affaires étrangères de la République du Cap-Vert.
Le leader du Bloc Centriste Gaïndé (BCG) n’a pas manqué l’occasion de tirer à boulets rouges sur les autres candidats à la présidence de la BAD.
« Je pense qu’elle est capable d’être la présidente de la BAD parce qu’elle a l’expérience professionnelle. Elle a l’expérience qu’elle a mise en œuvre dans son pays. Les autres candidats, ne peuvent pas en dire autant. Le Nigérian qui s’occupe d’agriculture ne connait rien aux finances. Le Tchadien quant à lui, a fait toute sa carrière à la BAD. Comment quelqu’un qui a fait toute sa carrière à la BAD, peut-il apporter nouvel esprit ? », a-t-il dit d’un ton engagé.
Le sous-développement de l’Afrique contraste avec les énormes potentialités dont regorge ce continent.
La réussite du modèle de développement cap-verdien basé sur une gouvernance vertueuse et transparente doit inspirer bon nombre de nos États où la corruption fait tache d’huile et freine toutes les initiatives d’émergence. 

samedi 6 décembre 2014

Plaidoyer pour une revalorisation de la femme



Les conférenciers et le modérateur
En prélude au XVème sommet de la francophonie qui a fait la part belle à la femme à travers le thème retenu, le Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (Cesti) en collaboration avec l’Institut Panos de l’Afrique de l’Ouest, a organisé le mercredi 26 novembre un carrefour d’actualité dont le thème est : « Femmes, médias et gouvernance ».

Cette conférence a vu la participation de Mame Less Camara, journaliste et professeur au Cesti, de Mingué Niass, spécialiste en plaidoyer à l’Agence de développement du marketing social (Ademas) et de Libasse Hane, chargé de projets Gouvernance à l’Institut Panos.
La condition de la femme continue de susciter moult controverses dans un monde en pleine mutation.
Nonobstant le fait qu’elles soient majoritaires dans de nombreux pays et le fait qu’elles participent activement à la vie économique, les femmes continuent toujours de faire l’objet d’une discrimination qui ne dit pas son nom.
Aucun jour ne passe sans que la presse ne fasse état d’une histoire de viol, de violences faites aux femmes. Bref, toutes sortes d’atteinte à l’intégrité physique et morale de la femme.
Celle-ci est souvent dépeinte sous des traits sombres comme si implicitement ladite presse s’était muée en « avocat du diable ».
« La femme en tant qu’objet  de la collecte et du traitement de l’information…nous la rencontrons souvent à travers un prisme assez déformant, c’est souvent beaucoup plus sous l’angle de ses turpitudes véritablement que sous l’angle qui la met en valeur en tant que citoyenne… », a indiqué Mame Less Camara.
L’angle de traitement choisi par le journaliste pour une information concernant la femme démontre que l’image peu reluisante de la femme véhiculée par les médias, émane en réalité de la société car comme le dit M. Camara « Les médias n’inventent pas le monde, ils sont le produit de leur monde qui assigne une place à la femme. »
« Les violences faites aux femmes constituent un formidable argument de vente. Telle femme a été battue, malheureusement ça fait vendre. Telle femme a été violée, malheureusement ça fait vendre. Nous banalisons ces choses à un point tel qu’on essaye même de mettre de l’humour pour écrire un article, pour faire une retransmission sur les femmes qui ont été battues, qui ont été violées. », a-t-il déploré.
Le journaliste, selon M. Camara, ne doit pas se limiter à relater les faits, il a la délicate responsabilité de démontrer ce qui est à l’origine d’une telle situation car au-delà de l’acte d’infanticide par exemple, il y a une explication qui n’est pas toujours évidente.
Ainsi, le journaliste doit démontrer comment une femme accusée d’infanticide en est arrivée là plutôt que de la diaboliser.
S’agissant de la présence des femmes au niveau des instances de décisions, il faut noter que celles-ci restent sous-représentées malgré le fait qu’elles soient majoritaires dans de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest.
« Dans de nombreux pays africains, nous avons un schéma démographique qui est sensiblement le même. Dans presque tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, nous avons une représentation 52-48 avec généralement 52 % de femmes et 48 % d’hommes. », a affirmé Libasse Hane.
Selon lui, ce déséquilibre « pose un sérieux problème de gouvernance à savoir la question de l’équité car la catégorie majoritaire ne gère même pas 10 % des ressources. »
Constatant la quasi-inexistence de l’information purement féminine dans les journaux et la difficulté qu’éprouvent les journalistes qui couvrent de tels évènements à publier leurs articles à cause d’un éventuel manque à gagner pour les organes de presse concernés, Mme Niass révèle une corruption qui semble être érigée en règle par certains “journalistes alimentaires” qui n’ont cure des règles d’éthique et de déontologie.
Pour contourner cette injuste censure, elle a affirmé que l’Ademas a proposé à certains “patrons de presse” la signature d’une convention stipulant la parution périodique d’articles portant sur la planification familiale et d’autres thèmes moyennant le paiement d’une somme d’argent.
A l’image de la femme mandingue qui était la cheville ouvrière d’un royaume qui s’étendait de Bamako à Kissidougou, celle contemporaine est omniprésente dans la société.
Loin de se contenter de leurs fonctions sociales, les femmes sont actives dans la quasi-totalité des secteurs d’activités de l’économie et aident généralement leurs maris à joindre les deux bouts.
Par conséquent, la marginalisation dont elles font l’objet ne saurait perdurer. La société doit enfin leur donner l’attention et la considération qu’elles méritent au grand bonheur de tous.