mercredi 27 mai 2015

Logement à l’Ucad : une équation à plusieurs inconnus

Porte centrale de l'Ucad


Une fois le baccalauréat en poche, la plupart des étudiants orientée à l’Ucad, est confrontée à un casse-tête : le logement. Au fil des années, le surpeuplement du campus a fini d’atteindre un seuil critique. Reportage.


Construite en 1957, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar étouffe. Aujourd’hui, elle accueille près de 80 000 étudiants. « Il n’y a que 2560 lits au grand campus », informe Arona Faye, l’adjoint du chef du service de l’hébergement de l’Ucad. L’augmentation exponentielle des effectifs en quelques décennies et le déficit de pavillons font que trouver une chambre à la citadelle du savoir, relève du miracle. Pour être locataire, l’étudiant doit procéder à une codification dont le principal critère est le mérite. Une fois les listes définitives des admis de la dernière session de l’année universitaire établies, les différentes facultés les envoient aux autorités du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (Coud). C’est en ce moment, qu’entrent en jeu, les amicales qui représentent les étudiants. Celles-ci doivent procéder à l’attribution des lits en respectant scrupuleusement l’ordre de mérite.
Pour chaque Faculté, il y a un quota réparti entre les différents départements qui la composent. « C’est pour plus de transparence que le Coud fait les codifications en collaboration avec les représentants des amicales », assure M. Faye. Malgré cela, il n’est pas rare d’entendre des étudiants dire que les lits sont vendus par les agents du Coud et les délégués. « Les amicales sont comme des partis politiques et ceux qui y adhèrent ont certains avantages », dénonce Ameth Diamanka, étudiant en Master 1 au département de Physique. Les autorités universitaires quant à elles, battent en brèche ces déclarations qui, selon elles sont erronées. « Pour ce qui est de la vente de lits, ce sont les étudiants attributaires qui n’en ont pas besoin, qui les vendent ou les louent à l’insu de l’amicale et de l’administration du Coud », rétorque M. Faye. C’est le cas de la chambre 54 J occupée par dix personnes. Étant tous issus de Pout Diack, un village de la région de Thiès,  c’est l’association des élèves et étudiants de ladite localité, qui a loué la chambre moyennant 3000 Francs par lit. « Tous les deux mois, ceux qui ont codifié les lits, viennent récupérer leurs dûs », révèle Assane Seck, étudiant en licence 1 au département de Physique-Chimie. Le peu d’étudiants qui arrive à codifier une chambre, est souvent obligé, par solidarité, d’héberger d’autres camarades. Les chambres initialement prévues pour deux personnes, peuvent en accueillir une dizaine.
        
         Pavillon A, refuge des « sans-abris »
Comme à l’accoutumée, le campus grouille de monde à quelques jours des vacances de Pacques. Devant la façade de cet imposant bâtiment à trois étages, de couleur blanche avec des fenêtres bleues, des hommes sont assis sur des chaises. Dans le hall, les va- et-vient des pensionnaires sont incessants. Un jeune homme se fait raser dans un couloir du premier étage. Au loin, un étudiant muni d’un seau, fait le linge dans les toilettes. A quelques mètres de là, cinq personnes vêtues de boubous, chantent en chœur des « Khassaïdes » (chants religieux mourides) qui résonnent jusqu’au rez-de-chaussée. Ici, tous les moyens sont bons pour sécher les habits. Si certains suspendent leurs linges sur les fenêtres, d’autres optent pour le gazon du jardin se trouvant au milieu du pavillon. Du balcon du premier niveau, la panoplie des couleurs offre un spectacle visuel kaléidoscopique. Premier logement à l’Ucad, ce pavillon à l’architecture coloniale, accueille aujourd’hui des milliers d’étudiants. Doudou Fall, en licence 3, au département d’Anglais est l’un d’entre eux. Âgé de 24 ans, ce Saint-Louisien de taille courte, réside dans la chambre 165 du couloir H où des matelas sont posés à même le sol. Assis sur un des deux lits de sa minuscule chambre, il déplore les difficiles conditions auxquelles ses camarades et lui sont confrontés. « Au total, nous sommes six mais d’autres camarades y déposent leurs bagages et viennent la nuit pour dormir sur le couloir », fustige-t-il. En effet, la nuit, les couloirs du plus ancien des pavillons, sont transformés en dortoir par les étudiants non hébergés par le Coud. Vers 22 heures, les matelas s’étalent à perte de vue. On se croirait dans un camping.
Au 190 I, Badara Guèye et Massar Djité, deux étudiants dont les mères sont des sœurs, sont en activité. Par terre, il y a une valise noire et des paires de chaussures. Des habits ainsi que des serviettes sont suspendus sur les portes délabrées de l’armoire. Badara est étudiant en licence 3 de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). De teint noir, vêtu d’une chemise et d’un jean noirs, il est couché sur son lit, les yeux rivés sur son ordinateur. « Au total, nous sommes huit mais deux d’entre nous ne sont pas encore venus. La chambre n’est qu’un dortoir pour nous. Pour réviser, nous allons dans les amphithéâtres », dit-il. La naïveté est fatale au campus et Massar l’a appris à ses dépens. La fenêtre de la chambre n’étant pas sécurisée, on lui a volé son ordinateur posé sur le lit. « Ici, il y a un manque criant de sécurité. Des vigiles doivent normalement surveiller chaque bâtiment », préconise M. Djité.

« Aline Sitoé Diatta » submergée
La plupart des filles est logée à la cité Aline Sitoé Diatta ex Claudel située à un jet de pierre du grand campus.  Plusieurs hommes sont postés près du portail. Pour pénétrer dans l’enceinte, il faut obligatoirement présenter une pièce d’identité ou une carte d’étudiant valable. La cité des jeunes filles ne désemplit pas en ce jour ouvrable. A l’instar des garçons, elles vivent dans une promiscuité sidérante. « Nous n’avons que quatre résidences (B1, B3, B4 et F), qui ont une capacité de 1037 lits », informe Ndèye Astou Sarr Thiam, superviseur administratif et financier de la cité.
Au 30 I, Ndèye Astou Dièye fait la sieste. Originaire de Guédiawaye, cette nouvelle bachelière a été orientée à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP). Le matelas étalé par terre sur lequel, elle est allongée, rend difficile l’accès à la chambre très étroite. Sur le seul lit de la pièce, une autre fille est dans les bras de Morphée. « Nous sommes au nombre de quatre et nous avons des difficultés d’adaptation. Étant donné que n’avons pas assez d’espace, nous révisons à la bibliothèque ou aux salles de travaux dirigés », lâche-t-elle. Étudiante en licence 2 au département de Philosophie, Mame Diarra Lelo, loge au 5 A au même titre que sept autres filles. « Vu que nous ne sommes jamais ici en même temps, il n’y a pratiquement pas de problèmes. Malgré ce nombre pléthorique, nous vivons en parfaite harmonie », se réjouit cette jeune femme au teint noir, de petite taille, originaire de Thiadiaye.
Selon Mme Thiam, les étudiantes sont responsables du surpeuplement de la cité portant le nom de la dame de Kabrousse. « Nous avons effectivement un déficit de lits. L’administration a certes une part de responsabilité quant aux effectifs des chambres, mais ce sont les filles elles-mêmes, du fait de l’hébergement, qui sont responsables de cette situation », a-t-elle martelé. Elle assure que les codifications se déroulent normalement. « C’est tout à fait transparent car elles sont faites sous la supervision des délégués des différentes Facultés », renseigne-t-elle. A la salle de télévision, une trentaine de canapés en bois pouvant accueillir chacun 4 à 5 personnes sont bien rangés. Assises sur ceux-ci, les étudiantes ont entre les mains des documents. C’est le jour de la “codification” de la Faculté des sciences. Sous la supervision d’Abdoulaye Niang, le délégué, trois agents de la cité Aline Sitoé Diatta dont une femme, procèdent aux opérations. « Les lits sont attribués suivant l’ordre de mérite », lance Diogoye Ndour, le surveillant général de la cité. Et pourtant Fatoumata Niass, étudiante en licence 1 de biologie, s’est vu attribuer un lit dans une chambre qui en compte trois. Avec ses excellents résultats, cette Kaolackoise vêtue d’une robe rose assortie au foulard, devait être attributaire dans une chambre à deux lits. Or, du fait de la forte demande, plus il y a de lits, plus il y a de filles dans la pièce. Elle s’en est finalement remise à Mme Thiam pour que cette injustice manifeste soit corrigée.
Pour résorber le déficit consécutif à la démolition de plusieurs pavillons vétustes, il y a de cela un an, l’État du Sénégal a entrepris la construction de nouveaux bâtiments. Sur le site du stade de l’université, trois constructions sortent de terre. Séparées, du terrain de football par des barbelés, elles vont contenir à terme 1044 lits. Ces nouvelles infrastructures ne vont certainement pas permettre de résoudre définitivement la lancinante question du logement à l’Ucad. En attendant, les étudiants devront prendre leur mal en patience.

lundi 18 mai 2015

Coupe du Sénégal de surf : à la conquête des vagues


Les minimes

Equipés de combinaison, de planche, de palme, garçons et filles, en majorité des étrangers, s’attèlent, sur le rivage, aux derniers préparatifs. De ravissantes blondes européennes, en maillot de bain, confortablement assises sur des chaises, assistent au spectacle. On se croirait à Malibu.  

Matinée ensoleillée le dimanche 15 mars à la plage du virage située à quelques encablures de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Yoff. Sur la route menant au village de Ngor, juste derrière l’hôtel Le virage avec ses deux étages, une pente raide d’un sentier mène vers un cabanon. Copacabana surf village, c’est son nom. Sous une extension en bois supportée par des pylônes, sont installées des tables et des chaises plastiques de couleur blanche. Le bon coin est plein. Un Européen, torse nu, lunettes de soleil aux yeux et foulard sur la tête, sirote tranquillement sa bière accompagnée de morceaux de pizza. Sur une autre table où sont posés une bouteille de Coca-cola et un portable, un homme de teint noir contemple l’océan. A côté de lui, de jeunes européens vêtus de combinaison de surf, planche à la main, forment un attroupement. Deux Ivoiriens marchandent avec une vendeuse d’objets d’art. Sous une tente blanche, un homme chevelu au nez épaté, de taille moyenne, devant une sonorisation, assure l’animation. Au loin, le drapeau sénégalais flotte sur le rivage sous l’effet du vent, au milieu de blocs de pierres noires. Devant lui, sont ordonnés sur une natte verte, des tableaux en bois sur lesquels sont dessinés un palmier et une personne. Ce sont les trophées de la première coupe du Sénégal de surf de la saison en cours. Le gratin de ce sport peu connu de la population est présent. Oumar Sèye, le vice-président de la Fédération sénégalaise de surf (FSS), micro à la main, vêtu d’un blouson bleu à bandes grises, d’un short en jeans de couleur verte et de baskets bleu et blanc, est le maître de cérémonie. « La fédération organise chaque saison trois coupes du Sénégal dont l’une se déroule à la plage du virage et les deux autres à la pointe des Almadies. Ces compétions nous permettent de dénicher les meilleurs surfeurs sénégalais qui sont sélectionnés pour représenter notre pays  dans des tournois comme l’Africa tour », informe M. Sèye. Issus des différents clubs affiliés à la fédération, les surfeurs des catégories minime, benjamin, cadet, junior, ondine, dropknee et open se sont entrainés toute l’année pour être au point durant cette joute. L’eau de la mer étant froide, tous les athlètes portent des combinaisons tantôt noires, tantôt bleues. Certains sont chaussés de palmes. Une fois le signal du départ donné par un membre de la FSS, les compétiteurs se jettent à l’eau. Au large, ils se servent de leurs planches pour surfer sur les vagues, et ce, pendant une demi-heure. L’instance dirigeante de cette discipline sportive n’a pas lésiné sur les moyens pour permettre aux sportifs d’être dans les conditions optimales de performance. « Chaque surfeur a une couleur de combinaison spécifique pour que nous puissions le distinguer des autres. Des juges sont dans l’eau et d’autres sur le rivage pour évaluer les différentes prestations. Les surfeurs sont jugés sur la puissance, le style et le choix des vagues. Il est très  important pour le surfeur  de se préparer physiquement, mentalement », atteste M. Sèye. La cherté des équipements de surf explique sans conteste la faible participation des nationaux. Cherif Fall, 18 ans, est l’un des rares sénégalais à participer au tournoi. Il s’est classé deuxième en catégorie open. Ce Ngorois élancé, au teint noir, pratique le surf depuis quatre ans. Avec son débit lent et son accent lébou, il évoque avec fierté ses résultats au plan continental. « J’ai participé à trois reprises à l’Africa tour, une compétition africaine. Je me suis classé deux fois troisième et une fois premier », dit-il. Ses prouesses expliquent sans nul doute le fait qu’Oumar Sèye ait jeté son dévolu sur lui. « Nous avons un système de sponsoring pour aider les jeunes talentueux. Etant le représentant en Afrique de l’Ouest de Rip Curl, une marque d’équipements de surf, je sponsorise des jeunes. Parmi eux, il y a Cherif Fall, qui a paraphé un contrat pour évoluer en Europe », révèle M. Sèye. Elève en classe de CM1 à Jean Mermoz, Roman Karitt, est troisième dans la catégorie bodyboard minime. Ce Libano-français âgé de 10 ans, pratique ce sport depuis un an. « Le surf me procure du plaisir. Les compétitions me motivent davantage. J’avoue que j’ai un peu peur quand les vagues sont dangereuses et qu’il n’y a pas de sauveteurs. Cependant, quand il y a de bonnes vagues comme en ce moment, c’est agréable », dit-il d’une voix fluette.   
D’ordinaire, en cette période de fraîcheur, les clients se font désirer au Copacabana surf village. L’affluence occasionnée par la compétition est donc appréciée à sa juste valeur. Moussa Thiaw, la trentaine révolue, vêtu d’un blouson vert, est le gérant du cabanon. « L’organisation d’une telle épreuve au “virage” est bénéfique pour nous dans la mesure où notre clientèle s’accroît. Les affaires ne marchent pas bien en saison froide. Seuls les Européens et les surfeurs fréquentent la plage durant cette période », constate M. Thiaw,  qui fait partie de ceux qui ont créé ce cadre enchanteur il y a vingt-sept ans. « Auparavant, il n’y avait rien ici, excepté l’hôtel Le virage qui appartenait à Jean Monteiro. Nous sommes ensuite venus nous installer en aménageant un parking et en construisant une cabane qui est devenue aujourd’hui le Copacabana surf village », se souvient-il. Taille moyenne, lunettes bien fixées sur la tête, ce Lébou, originaire du village de Ngor, ne cesse de faire des va-et-vient entre le restaurant et les tables au bord de la plage où attendent impatiemment ses clients.  « Nous vendons des poissons grillés ou braisés, de la boisson. Nous dispensons aussi des cours de surf et de nage », a-t-il renseigné. Peu après la fin de la remise des récompenses, le Copacabana surf village se vide de son monde. Certains à bord de taxi, regagnent leur domicile. D’autres qui avaient garé leurs véhicules sur le parking, rangent leurs planches dans la malle. « Oh ! Je dois aller à l’école demain », dit Roman Karitt. L’endroit retrouve sa quiétude perdue le temps d’une journée en attendant la prochaine compétition.

mercredi 22 avril 2015

VIDEO : clôture de la semaine nationale de la jeunesse 2015



Comme à l'accoutumée, Youssou Ndour, le lead vocal du Super Etoile a tenu en haleine un public nombreux lors de la cérémonie de clôture de la semaine nationale de la jeunesse le 9 avril dernier. Cette cérémonie qui a eu lieu au Grand théâtre national, a été présidée par le Président de la République Macky Sall.

mardi 14 avril 2015

Clôture en apothéose



Le Président lors de son allocution
Le chef de l’État Macky Sall a présidé ce jeudi 9 avril, au Grand théâtre national, la cérémonie de clôture de l’édition 2015 de la Semaine nationale de la jeunesse démarrée à Dakar le 2 avril. C’était en présence d’une nombreuse assistance, parmi laquelle les festivaliers, Mame Mbaye Niang, le ministre de la jeunesse, de l’emploi et de la construction citoyenne, Me Aliou Sow, le président du Conseil National de la Jeunesse du Sénégal (CNJS), ainsi que la marraine de cette édition, Dr Marie Louise Corréa.

A travers la projection de documentaires sur Lamine Diack, le parrain et Marie Louise Corréa, la marraine, le Conseil National des Jeunes du Sénégal (CNJS), a voulu offrir en exemple aux jeunes des quatorze régions du Sénégal, ces deux personnalités aux parcours atypiques. C’est ensuite sous les acclamations du Grand théâtre plein comme un œuf que le Président Macky Sall fait son entrée dans la salle. Debout comme un seul homme, le public euphorique se tut pour respecter scrupuleusement l’exécution de l’hymne national par la fanfare des forces armées. Le ton est donné. Êtes-vous prêts à relever le défi de l’émergence ? C’est la question qu’a posée d’emblée Massamba Guèye, le maître de cérémonie, aux jeunes. Oui ! Répondent énergiquement ces derniers. Puis, au tour des jeunes Kalidou Nialel Diallo de Tambacounda et Sèye Mbaye de Kaolack, respectivement lauréats des concours de poésie et de chant, de faire étalage de leurs talents devant un public conquis. Leurs prestations axées sur le thème de cette onzième semaine nationale de la jeunesse « La citoyenneté des jeunes pour un Sénégal émergent », ont plu à la foule qui a manifesté sa joie par une ovation ô combien méritée. A leur suite, le Président de la République a remis des diplômes à deux jeunes ayant participé à la formation en entreprenariat offerte par l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ). De même, les lauréats en football, basket, athlétisme, lutte etc, ont aussi reçu leurs trophées des mains du chef de l’État. En guise de bouquet final, Youssou Ndour et son groupe Le Super Étoile au complet, a revisité des titres qui ont fait sa renommée devant des jeunes en liesse. Pendant près d’une demi-heure, ils n’ont pu résister à la tentation d’esquisser quelques pas de danse. Tous debout, ils reprennent les refrains des chansons et claquent des mains. Bons danseurs, certains membres des délégations régionales rejoignent sur scène le chanteur hors pair et assurent l’ambiance.  

Le CNJS à pied d’œuvre pour la réussite de la semaine nationale de la jeunesse 2015



Me Aliou Sow, Président du CNJS
A la veille de l’ouverture de la onzième semaine nationale de la jeunesse, prévue à Dakar du 2 au 9 avril 2015, le siège du Conseil National de la Jeunesse du Sénégal (CNJS) est plus animé que d’habitude.



A coté du rond point de la VDN, sur la route menant à Mermoz, se trouve une maison blanche à un étage. Dans la cour, flotte le drapeau national suspendu à un mât. Une dizaine d’hommes est installée dans une salle spacieuse. Le secrétariat permanent de l’organisation de la semaine nationale de la jeunesse a pris ses quartiers au siège du Conseil National de la Jeunesse du Sénégal (CNJS). Certains ont les yeux rivés sur leurs ordinateurs tandis que d’autres forment un attroupement pour discuter. A vingt-quatre heures du début des activités, les agents de ladite structure s’attèlent aux derniers réglages pour la réussite de l’évènement. « Un comité national chargé de l’organisation a été mis en place  via le ministère de la jeunesse, de l’emploi et de la construction citoyenne. De concert avec les ministères concernés, nous avons pris les devants pour mettre toutes les délégations dans de bonnes conditions », informe Vieux Seydou Ndiaye, coordonnateur du CNJS. « Nous remercions le chef de l’Etat qui a dégagé une enveloppe de plus de 250 millions pour la bonne tenue de cette rencontre de la jeunesse », ajoute-t-il. Les jeunes, frange importante de la population sénégalaise, doivent être formés et outillés afin de participer activement au plan Sénégal émergent. Cette participation requiert inéluctablement l’appropriation de certaines valeurs d’où l’intérêt de la restauration de la semaine nationale de la jeunesse. Après la semaine départementale de la jeunesse en 2013, celle régionale en 2014, la semaine nationale de la jeunesse est restaurée quinze ans après la dernière édition. « Elle offre aux jeunes sénégalais l’occasion de se rencontrer. Elle leur permet aussi de s’approprier des notions oh combien importantes que sont le civisme, la citoyenneté », martèle M. Ndiaye. Créé en 1954, le CNJS, aujourd’hui dirigé par l’avocat Aliou Sow, s’est vu attribuer un récépissé en 1993. Plateforme nationale à caractère apolitique, il regroupe 4000 associations et mouvements nationaux de jeunesse. L’importance qu’a prise le CNJS au fil des années, a convaincu l’Etat du Sénégal à en faire un corps constitué de l’Etat qui compte comme démembrement des conseils régionaux, départementaux, communaux et locaux.
Le Conseil Régional de la Jeunesse de Dakar compte jouer pleinement sa partition pour faire de cette édition une réussite à tout point de vue. « Notre mission consiste à sensibiliser les jeunes sur l’importance du thème retenu. D’ailleurs, juste avant la cérémonie d’ouverture, nous allons organiser une caravane qui va sillonner la capitale », renseigne Malick Sow, le vice-président du CRJD. Le temps d’une semaine, la capitale sénégalaise va vibrer au rythme des compétitions sportives, culturelles…devant opposer les jeunes des différentes régions du pays. « Au total, 1540 personnes doivent participer à cet évènement soit 110 par région. Chacune des quatorze régions que compte le Sénégal, sera représentée par 100 jeunes accompagnés de 10 encadreurs », précise M. Sow. La fête de la jeunesse sénégalaise promet d’être belle.