mardi 24 novembre 2015

Eliminatoires CDM 2018 : Le Sénégal triomphe de Madagascar sans convaincre




Mame Biram DIOUF, troisième buteur des Lions
Tenus en échec vendredi dernier par les Baréa (2-2), les Lions de la téranga se sont qualifiés pour le troisième et dernier tour des éliminatoires de la coupe du monde 2018 prévue en Russie. Les protégés d’Aliou Cissé sont sortis victorieux de leur duel face aux Malgaches (3-0).

Les trois buts sénégalais ont été inscrits par Cheikhou Kouyaté (19 mn), Moussa Konaté (55 mn) et Mame Biram Diouf (82 mn). En venant à bout de Madagascar, le Sénégal a renoué avec la victoire qui le fuyait depuis trois matches (défaites en Afrique du Sud, en Algérie et nul à Madagascar). D’aucuns pensaient que les Lions allaient étriller les Baréa lors de la double confrontation. Hélas, il n’en fut rien. Le score flatteur de ce match couperet cache bien les insuffisances d’une équipe peu rassurante. Après avoir frôlé la correctionnelle à l’aller, le Sénégal a été bousculé par une vaillante formation malgache qui est tombée les armes à la main au stade Léopold Sédar Senghor.
Les puristes du ballon rond ont dû souffrir au stade ou devant leur petit écran en voyant le jeu du Sénégal. Pour un match qu’ils se devaient de remporter sans coup férir, les « fauves » ont été bousculés par des Malgaches décomplexés. Durant les quatre-vingt-dix minutes de la rencontre, jamais le Sénégal n’a été maître des débats. Les Lions de la téranga ont fait montre d’une maladresse déconcertante dans les transmissions, les contrôles.
Sur le plan défensif comme offensif, l’équipe a montré des signes inquiétants de fébrilité face à une formation qui n’est pourtant  pas une foudre de guerre. Les dernières sorties des Lions à quelques mois du début de l’étape ultime avant le Mondial russe, m’inquiète au plus haut point. Aliou Cissé et ses hommes doivent revoir leur copie au risque de voir l’horizon moscovite s’assombrir.    

jeudi 23 juillet 2015

Rébellion en Casamance : aux origines du conflit



Voilà trente-deux ans qu’un conflit entre l’armée sénégalaise et une rébellion déchire le Sud du Sénégal. La spoliation des terres de la verte Casamance considérée comme le grenier du pays, a été le déclencheur de cette guerre qui perdure.


Séparée du reste du Sénégal par l’enclave que constitue la Gambie, la Casamance est une région aux richesses infinies : ressources naturelles, pluies abondantes, nature généreuse etc. Depuis plus de trois décades, elle est en proie à des luttes fratricides entre les forces armées sénégalaises et la rébellion incarnée par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Il faut d’emblée préciser que la basse Casamance est le lieu de localisation de ce conflit séparatiste.
L’application tardive, en Casamance, de la loi sur le domaine national datant des années soixante, a permis à l’État du Sénégal de confisquer des terres dans le littoral de Cap-Skiring pour permettre à des investisseurs étrangers de construire des infrastructures hôtelières. A la fin des années soixante-dix, les populations autochtones se sont mobilisées pour dire non à cette décision étatique. Selon Jean-Claude Marut, auteur de l’ouvrage “ Le conflit en Casamance : ce que disent les armes ”, cette opération s’est faite « sans consultation des autochtones, au profit des étrangers, sans indemnisation et sur la base d’un clientélisme politique  ». Au Sénégal, le système foncier est constitué de trois sous-ensembles à savoir le domaine national, le domaine de l’État et les titres fonciers des particuliers. Le domaine national a été institué par la loi N° 64-66 du 17 juin 1964. Il est composé de quatre zones : la zone de terroir destinée à l’agriculture, à l’élevage etc, les zones urbaines qui sont immatriculées par l’État, les zones pionnières réservées à certaines activités et les zones classées (forêts classées). De facto, depuis son entrée en vigueur, les Sénégalais y compris les Casamançais qui ne disposaient pas de titres fonciers, n’étaient plus propriétaires des terres au plan juridique. Cependant, pour les populations casamançaises, ces terres ayant appartenu à leurs ancêtres, étaient leurs propriétés même si elles ne disposaient d’aucun document légal.  « Les revendications des autochtones n’avaient pas de relais et le conflit était relégué au second plan  », regrette Jean-Claude Marut.  Ainsi pétitions, manifestations voire incendies et saccages d’édifices publics sont devenus le « modus operandi » des Casamançais pour se faire entendre. Ils tiennent, le 26 décembre 1982, une marche pour l’auto-détermination de leur région. Lors de cette manifestation non autorisée par les autorités administratives, le conflit foncier est mis en avant pour justifier l’aspiration à l’indépendance. Décembre 1983 marque le début d’affrontements sanglants entre les populations révoltées et les forces armées. Les Casamançais, rescapés de ces échauffourées, décident alors de s’installer dans la forêt pour continuer le combat. Ce qui marque alors la naissance du maquis. Ce conflit, qui a provoqué le déplacement de plus de soixante-mille personnes vivant le long de la frontière bissau-sénégalaise, constitue à ce jour, un véritable frein au développement de la partie Sud du Sénégal.

mardi 21 juillet 2015

Pr Oumar Mbengue : une référence pour une jeunesse en perte de valeurs


Pr Oumar MBENGUE

A Yoff, l’évocation de son nom suscite admiration et sympathie chez de nombreux jeunes. Oumar Mbengue dit Jean, enseignant de profession, est aux antipodes d’un monde caractérisé par la recherche effrénée de profits.

Installé confortablement dans son salon spacieux et rectangulaire dont les murs sont beiges, Oumar, vêtu d’un cafetan gris, sur un canapé à dominance marron, affiche une bonne mine. Il a fait les beaux jours de l’Association Sportive et Culturelle de Ndiaré, ce qui lui vaut le surnom de Jean, en référence à Jean Sarr, joueur de football de la Jeanne d’Arc de Dakar à la fin des années 50. Son existence peut être résumée en un seul mot : école. Produit de ce système, il a, toute sa vie durant, façonné des citoyens modèles. Constatant l’implantation à Yoff d’un établissement privé illégal et l’abandon de l’école de bon nombre de jeunes, du fait des charges financières trop élevées, pour certains parents, il décide de créer une école privée dénommée Seydina Mandione Laye, en 1988. « Plusieurs enfants abandonnaient l’école en ce moment, parce que la polygamie de nombreux pères de familles faisait qu’ils ne pouvaient pas prendre en charge les frais de transport et de nourriture de leurs enfants ayant à peu près le même âge », constate-t-il. Oumar ne s’arrête pas en si bon chemin et décide d’appliquer une politique sociale pour permettre à certaines familles vulnérables de scolariser leur progéniture. « Je n’ai pas créé mon établissement pour devenir riche. Pour preuve, une année, les réductions et exonérations de paiement de certains élèves dont les parents avaient du mal à joindre les deux bouts, s’élevaient à dix-neuf millions de francs CFA », lâche t-il. Le manque criant de reconnaissance de certains bénéficiaires de ses largesses,  ne sape point le moral d’Oumar, qui est plus que jamais déterminé à faire du social pour se conformer à sa religion.

Un homme de principe
La chevelure noire et blanche, Oumar passe inaperçu, du fait de son humilité. Il avoue être très généreux mais trop exigeant. « Je dis difficilement non », confesse t-il. Ce que confirment d’ailleurs ses proches. Certaines de ses difficultés s’expliquent par le fait qu’il veuille vaille que vaille aider les gens, soutient un de ses frères. De taille et de corpulence moyennes, ce musulman pieux, récite le Coran une ou deux fois par mois. Il se distingue par son horreur de l’échec et son culte de l’excellence. Sa démarche posée rime avec son sens de l’écoute. « Tu peux parler pendant une heure, je n’ouvre pas la bouche mais je ne me tais pas non plus quand je parle », argue-t-il. Homme de parole, les dédits de certains interlocuteurs, ont poussé ce sexagénaire à ne jamais parler de choses sensibles sans la présence d’un témoin. Son entourage s’accorde aussi sur le fait qu’il ne parle jamais doucement, ce qui veut dire qu’il n’a rien à cacher. L’indiscipline caractérisée ne fait pas non plus bon ménage avec cet homme au nez épaté. Cela le pousse à être très sévère dans bien des cas. Marié à l’âge de 25 ans, cet homme réputé intègre ne s’est absenté qu’une seule fois lors de ses cinq dernières années au Collège Sacré-Cœur. « Certaines douleurs comme les maux de tête, de ventre…ne m’empêchent aucunement d’aller enseigner », confirme-t-il. Pour lui, le professeur qui arrive constamment en retard en classe, ne respecte pas les apprenants. « Quand un enseignant ayant trois séances hebdomadaires, accuse régulièrement cinq minutes de retard, il va manquer quinze minutes de cours par semaine, une heure par mois et un mois par année », déplore ce mathématicien chevronné et rigoureux. Pour lui, cette irresponsabilité de certains professeurs est l’une des causes principales du taux d’échec extrêmement élevé aux examens. Jean prône toujours l’unité. Il aime les personnes ouvertes, honnêtes, véridiques et constantes dans les relations.

Un riche itinéraire  
C’est en juillet 1950 qu’Oumar Mbengue voit le jour à Dakar. Son père, imam de la grande mosquée de Yoff, a trente enfants avec quatre femmes. De surcroît, c’est le premier à avoir le certificat d’études primaires dans ce village lébou. Oumar, ainé de sa mère qui a onze enfants, a fait ses premiers pas à l’École Yoff qui porte désormais le nom d’El Hadj Talla Diagne. Celui qui fixe du regard son interlocuteur, est inscrit par son maître au concours du cours normal de Mbour en compagnie de certains camarades de classe. Il réussit avec brio l’examen à l’entrée en sixième et ledit concours. Le système français étant en vigueur à cette époque, les maîtres dénichaient les meilleurs élèves qui étaient prédestinés à l’enseignement. « L’enseignant était le fonctionnaire le mieux payé en ce moment et tout le monde voulait l’être », confirme t-il. Cet homme au port vestimentaire sobre, quitte très jeune le foyer familial pour la Petite côte. Après quatre ans passés à Mbour, Oumar, de teint noir, excelle à nouveau à un concours : celui de l’école normale William Ponty de Thiès. Premier de son jury au baccalauréat C, actuelle série S1, en juillet 1970, il est orienté à la Faculté des Sciences, au département Maths / Physique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il y obtient la licence, la maîtrise et l’Attestation d’Études Approfondies. Il fait ensuite son baluchon pour rejoindre l’école normale supérieure, lieu où doit être dispensée la formation pédagogique. Il en sort en juin 1976 avec un Certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire (Caes). « Pour anecdote, c’est la première promotion et c’est le président Léopold Sédar Senghor qui m’a remis mon diplôme car j’étais classé premier en Mathématiques », dit-il avec sa voix rauque. Il est ensuite affecté au lycée Ameth Fall de Saint-Louis où il passe deux ans. Un différend avec un agent du ministère, oblige cet homme qui n’y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il s’agit de défendre ses idées, à quitter la fonction publique. C’est ainsi qu’en 1979, il intègre les Cours Sainte Marie de Hann où il est préfet du second cycle de 1980 à 1982. Voulant changer d’air, ce bigame, père de quatorze enfants, quitte alors son Sénégal natal pour la Côte d’Ivoire. Durant quatre ans, il enseigne les Mathématiques à Tingréla, au nord du pays. N’ayant pas trop aimé son séjour à la contrée de Félix Houphouet Boigny, il décide de rentrer au bercail et d’enseigner à l’École normale supérieure d’enseignement technique et professionnel (Ensetp). Sollicité par les Cours Sainte Marie de Hann, il y fait un retour de courte durée, en 1990 avant de rejoindre l’Institution Notre dame jusqu’en 1995. Oumar termine sa carrière professionnelle dans le privé en 2014, au Collège Sacré-Cœur, avec le sentiment du devoir accompli.

jeudi 28 mai 2015

La balle ovale gagne du terrain à Yoff

Duel entre deux jeunes de la MDR
« Le rugby est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen », selon un vieil adage populaire anglais. Ce sport, brutal en apparence, véhicule des valeurs qui font sa renommée. C’est ce qui explique peut-être l’engouement de nombreux jeunes de Yoff pour cette discipline vulgarisée par la Maison Du Rugby (MDR).


Au détour d’une ruelle de la cité Apecsy écologique, à Yoff, se dresse une maison pas comme les autres. Avec sa façade qui se distingue par les logos de la Fédération Sénégalaise de Rugby (FSR), de la principauté de Monaco et de sponsors comme la Fondation Total Sénégal, la villa E35 ne passe pas inaperçue. C’est dans cette bâtisse, que des jeunes de 7 à 17 ans sont initiés au rugby depuis 2009. Gravats et sable de mer sont entreposés près du portail bleu. Des caisses de carreaux empilées à l’entrée montrent que la maison est en train d’être rénovée. Près des toilettes, est inscrit sur le mur « Gardons toujours nos mains propres ». Un message de sensibilisation dans un contexte d’épidémie à virus Ebola dans certaines contrées de l’Afrique de l’Ouest. Dans une pièce de forme rectangulaire, des posters de joueurs de rugby notamment ceux de l’équipe du Sénégal, constituent le décor.
Un tour au stade municipal de Yoff où se tiennent les séances d’entrainement, montre que le rugby a fini de conquérir le cœur de bon nombre de jeunes. « On a 617 adhérents au 31 décembre 2014 mais il faut reconnaitre que tous les enfants ne viennent pas en même temps. La moyenne de présence effective s’élève à 200 membres », précise Alioune Guèye, le directeur de la MDR. La gratuité et les facilités de l’adhésion (autorisation parentale et acte de naissance uniquement) justifient certainement cette ruée. Doté d’une tribune à capacité réduite, ce stade aux moindres commodités, n’accueille pas uniquement les rugbymen. L’équipe des Juniors de football de la Renaissance Sportive de Yoff s’entraine sur le terrain sablonneux. Au loin, sur le terrain de basket bitumé, de jeunes danseurs de ballet, répètent leurs chorégraphies au rythme des djembé. Il faut contourner la clôture de l’aire de jeu du stade pour accéder au terrain annexe où se tiennent les entrainements des membres de la MDR. Certains se chaussent tandis que d’autres après avoir fait un échauffement de quelques minutes, font leurs étirements. Un jeune garçon frêle, de teint clair, pieds nus, porte le maillot bleu du Paris Saint Germain. Tout comme lui, deux autres rugbymen ne portent pas de chaussures. Pour les autres, l’équipement est complet : bas, baskets, godasses…
Vers 17h, sous le regard vigilant de Jacques Moulangui Bassène, conseiller sportif de la MDR et étudiant en sixième année à l’Institut national de l’éducation populaire et du sport (Inseps), les différentes catégories s’entrainent séparément. Ces jeunes filles et garçons viennent d’horizons et de milieux sociaux divers. Physique, intensité, rapidité et technique sont au rendez-vous. Aucune distinction n’est faite entre les filles et les garçons. Ici, la règle c’est la mixité. « Le fait que les filles et les garçons jouent ensemble sans heurt, montre qu’il y a le respect entre eux. Les bagarres auxquelles on assistait, ne sont plus constatées », soutient Gilles Marchand, le délégué fédéral assis sur un muret. Et le directeur d’ajouter que : « Le rugby a démocratisé le sport à Yoff,  avec la forte présence des filles ». Florian Bechade, vêtu d’un tee-shirt bleu assorti d’un short blanc, est entraineur et responsable en communication. Barbu, cet ancien joueur de rugby semi-amateur est venu spécialement de la France pour affiner la technique des joueurs qui, selon lui, ont déjà la puissance et la vitesse indispensables au rugby. Équipés de sacs de plaquage et de boucliers de percussion, les jeunes ne se font pas de cadeaux tant les duels sont disputés. Les filles sont bien représentées. Elles jouent sans complexe avec les garçons. « Ce sport me plaît beaucoup parce que ça nous apprend des règles de la vie comme la solidarité, le dépassement de soi, la non-violence et le respect entre coéquipiers », dit sans détour Fatou Diène Thiaw, élève en classe de 3e. Amadou Diaw a la rage de vaincre. « Durcis ton jeu », dit-il avec hargne à l’un de ses coéquipiers. Élève en classe de 3e au Collège Aline Sitoé Diatta de Grand-Yoff, il pratique ce sport depuis huit ans. Ce passionné de rugby qui évolue au poste d’ouverture, aimerait bien devenir un professionnel et aller monnayer son talent à l’étranger. « Je rêve de devenir un grand joueur pour évoluer à l’étranger et pouvoir servir Yoff, le club de mes débuts », avoue t-il d’un air très déterminé. La MDR grâce à la qualité de sa formation, est pourvoyeuse de joueurs pour les Panthères de Yoff, le club local.
Dans un contexte caractérisé par la précarité dans de nombreux foyers, la MDR constitue un refuge pour certains adhérents. Fidèle à la vision de la fédération, elle a, parallèlement au sport, jeté son dévolu sur l’éducation des jeunes. Constatant qu’une adhérente a osé porter une culotte très courte pour venir à l’entrainement, le directeur de la structure, d’un ton autoritaire, dit à la fille de rentrer chez elle pour porter une tenue plus adéquate. Elle s’est finalement exécutée. L’attitude du directeur révèle toute l’importance accordée à l’éducation dans un contexte de dégradation des mœurs. « L’objectif de la MDR est de promouvoir l’éducation des enfants de Yoff et de ses environs avec comme toile de fond le rugby.», certifie le conseiller sportif. La Maison Du Rugby, ce n’est pas seulement le jeu. C’est aussi la quête du savoir. « On a trois professeurs (Français, Anglais et Maths) pour le secondaire. Pour l’élémentaire, on ne peut pas accueillir tous les enfants faute de places. Ils font cours trois fois par semaine à raison d’une heure et demi par séance », avance le directeur. De plus, les jeunes de plus de 17 ans non scolarisés, bénéficient d’une formation professionnelle, avec la possibilité d’être embauchés au terme de la formation. « Nous alphabétisons ceux qui n’ont jamais été à l’école et ceux qui ne sont pas scolarisés font des formations professionnelles en restauration, couture, électricité et mécanique. Certains ont déjà leur diplôme et travaillent au Radisson Blu hôtel », se félicite M. Bassène. Pour mener à bien toutes ses activités qui nécessitent des moyens financiers et logistiques, la MDR est appuyée par des partenaires. « Ce sont principalement la principauté de Monaco qui prend en charge 55 % du budget, la Fédération Sénégalaise de Rugby (FSR), l’Association des enfants de l’ovale, les Apprentis d’Auteuil, la Fondation Total Sénégal, Puma énergie et la municipalité de Yoff », atteste le directeur.
Tout est parti d’une idée de Me Guédel Ndiaye, président de la FSR, qui a demandé aux membres de l’instance de trouver un local pour l’implantation d’une maison du rugby. L’appel du fils de Valdiodio Ndiaye, ancien ministre de l’intérieur du Sénégal  n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque quelques jours plus tard, Gilles Marchand, un français arrivé au Sénégal en 2007, a trouvé un édifice à Yoff. « J’avais créé une école de rugby à mon arrivée. En février 2009, Me Guédel a dit à tous les membres de la fédération de rechercher un bâtiment pour ouvrir une maison du rugby. J’avais déjà une douzaine d’enfants qui pratiquaient ce sport. Ça m’a intéressé et je me suis mis à rechercher un local que j’ai trouvé un jour seulement après la sollicitation de Me Guédel », se souvient avec fierté Gilles Marchand. Les efforts de ce dernier ont été récompensés par le président de la fédération qui a décidé de l’installation de la maison du rugby à Yoff.
Avec le nombre important de membres, les locaux de la MDR sont devenus exigus. Raison pour laquelle, le stade de cette commune léboue va accueillir les nouvelles installations. « Les autorités coutumières de Yoff nous ont donné l’autorisation de construire un centre à l’intérieur du stade. Ce projet verra le jour en 2016 et sera financé par la principauté de Monaco à hauteur de cent millions de francs CFA. », se réjouit le directeur. Cet ouvrage va sans nul doute donner une nouvelle dimension à la Maison Du Rugby qui, au fil des années, a fait de ce sport l’une des disciplines collectives les plus pratiquées à Yoff.